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L’éducation à l’alimentation : un cas d’école pour l’avenir de nos enfants. Allons-y !

  • Photo du rédacteur: La Tablée des Chefs France
    La Tablée des Chefs France
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Enfin, le temps législatif rejoint celui de l’action. Le 16 février prochain, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi, portée par la députée Olivia Grégoire, visant à rendre obligatoire l’éducation à l’alimentation à l’école. Pour nos associations, engagées depuis vingt ans aux côtés des équipes éducatives, cette échéance constitue une reconnaissance majeure et l’espoir d’un cadre enfin à la hauteur des enjeux. Car l’éducation à l’alimentation a toute sa place à l’école, au même titre que l’éducation physique et sportive : on ne peut durablement agir pour la santé des enfants sans articuler ces deux piliers indissociables.

L’alimentation est à la fois l’un des déterminants de santé les plus puissants et l’un des plus inégalitaires. En France, la mauvaise alimentation génère 125 milliards d’euros de dépenses de santé par an et frappe plus durement les publics modestes, chez qui l’obésité est près de quatre fois plus répandue dès l’enfance. Derrière ces chiffres se dessinent des trajectoires de vie durablement marquées par les inégalités.

C’est pour prévenir ces situations le plus tôt possible que nos associations interviennent en milieu scolaire. Faire de l’éducation à l’alimentation un levier de santé publique et d’égalité des chances, c’est transmettre aux enfants des compétences essentielles comme cuisiner, goûter, comprendre et choisir, qui leur donnent des repères durables et l’autonomie nécessaire pour prendre soin de leur santé comme de la planète. Les effets sont visibles et mesurables.

À La Tablée des Chefs France, 92% des élèves découvrent de nouvelles saveurs et un élève sur deux se sent plus impliqué en classe après les ateliers. Avec Aux Goûts Du Jour, 86% des enfants passent d’un simple « j’aime / je n’aime pas » à une véritable description sensorielle des aliments. Les actions menées par Bleu-Blanc-Cœur, via des animations et des visites de fermes, permettent aux enfants de comprendre l’impact des pratiques d’élevage sur la qualité de leur alimentation. Les ateliers Les Enfants Cuisinent montrent que 90% des jeunes s’impliquent davantage dans leur alimentation et réinvestissent ces apprentissages à la maison. Enfin, grâce au programme École de l’Alimentation de l’Open Agrifood, 8 enfants sur 10 savent aujourd’hui reconnaître une assiette équilibrée, contre 1 sur 2 avant le programme.

Malgré des résultats probants, notre capacité d’action reste limitée par l’absence de financements publics structurants. Les associations consacrent une part significative de leur temps à rechercher des ressources, au détriment du déploiement des actions, ce qui freine l’extension de dispositifs pourtant nécessaires face à des besoins massifs et croissants. Nos initiatives démontrent pourtant ce que pourrait être une éducation à l’alimentation pleinement intégrée au temps scolaire, à l’image des politiques menées en Suède, en Angleterre ou au Brésil. La France ne peut rester à l’écart de cette mobilisation internationale : elle doit se donner des moyens à la hauteur de ses ambitions. Faute de financements publics, beaucoup d’entre nous font appel à des soutiens d’entreprises et de fondations privées, nécessaires mais insuffisants de par leur caractère court-termiste pour changer de manière significative l’alimentation des générations futures. Face à ce constat, la proposition de loi visant à rendre l’éducation à l’alimentation obligatoire en milieu scolaire constitue une avancée décisive. Elle permettrait de franchir un cap en passant d’initiatives encore trop souvent fragmentées à un cadre national clair, lisible et durable.

Toutefois, cette ambition ne pourra pleinement se concrétiser qu’à condition de s’appuyer sur

un fonds d’action dédié. Cela permettrait d’accompagner la mise en place d’actions pédagogiques dans les territoires les plus modestes afin de garantir à tous, dans les meilleures conditions possibles, un enseignement qui se doit d’être universel.

Nous appelons l’ensemble des parlementaires à voter cette proposition de loi. Nous devons

pouvoir mieux financer l’éducation à l’alimentation à l’école, tout en préservant la neutralité

républicaine. Ayons de l’ambition pour l’éducation à l’alimentation des prochaines générations. L’éducation à l’alimentation doit être un choix de société. Il en va de notre santé publique, de nos finances publiques mais aussi de notre souveraineté alimentaire et agricole.



 
 
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